La Ville de Kisangani confrontée à la Méningite à méningocoque de type C : Récit des événements

Institut Maikazo sur la 17ème avenue Tshopo

 

Depuis le samedi 28 novembre  dernier, il s’est observé 3 cas de décès après une courte période de maladie de 3 élèves appartenant à une même école : l’Institut Maikazo sis sur la 17ème avenue dans la Commune de la Tshopo.

Le 3e cas de décès a entrainé un trouble de l’ordre public par les membres de famille du défunt qui voulaient venir brûler l’école, car, selon eux, l’esprit mauvais de mort s’y trouverait. Le Maire de la Ville, Dr Guy Shilton BAENDO, a dépêché la Police pour maîtriser la situation à l’école et a instruit les services spécialisés de s’investir pour les renseignements.

Le lundi 30 novembre 2009, un autre cas de décès d’une élève est survenu de la même école. 

 

Vu l’ampleur des cas de décès, l’Autorité Urbaine a convoqué le mardi 1er décembre 2009,  une réunion de crise avec les Bourgmestres  des Communes, les Médecins Chefs de Zone de Santé de la Ville, les Responsables de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, de l’Institut Maikazo et les Services Spécialisés et les partenaires de la Santé (MSF/Belgique et OMS). Un seul point était inscrit à l’ordre du jour : « Situation de décès à l’Institut Maikazo : Quel en est la cause et quelles mesures préventives à prendre ? »

A l'intérieur de l'Institut Maikazo: une salle de classe avec plus de 100 élèves

Sur rapport des cas reçus, tous les malades en hospitalisation et ceux décédés ont présenté ou présentent les signes cliniques suivants : 

  • Céphalées ou maux de tête ; 

  • Raideur de la nuque ; 

  • Fièvre avec agitation et vertige ; 

  • Vomissement suivi de l’hypotension. 

  • Et le coma survient pour quelques uns à 48 heures de leur admission. 

Ces signes faisaient penser à un syndrome méningé avec une hypothèse de méningite à méningocoque épidémique. Il fallait dans ce cas procéder aux prélèvements de laboratoire des cas malades et suspects pour confirmer un diagnostic de certitude.

Cinq sous commissions présidées par Dr Guy Shilton BAENDO, Maire de la Ville, avait été constituées. 

  • Sous Commission médicale : Chargé de suivi de malade et leur prise en charge médicale ; 

  • Sous Commission laboratoire : Prélèvement labo ; 

  • Sous Commission épidémiologique : Notifier les cas ; 

  • Sous Commission de communication : Sensibiliser la population ; 

  • Sous Commission de sécurité : Prévenir le trouble et sécuriser les équipes. 

Après la réunion, une descente sur terrain de l’école concerné avait été effectuée pour solidariser et rassurer la population environnante de ladite école qu’il s’agissait bien d’une maladie et non du sorcier ou de l’esprit de mort.

En guise de prévention, les recommandations suivantes avaient été adoptées : 

  • Suspension des cours dans les écoles pour éviter la promiscuité et la psychose des morts chez les élèves car la maladie se transmet par la voie respiratoire.

  • Prise en charge des cas malades suivant le protocole national. 

  • Prélèvement des échantillons de laboratoire des malades et cas suspects pour confirmation  diagnostique de certitude. 

  • Forte sensibilisation dans les médias et les églises, mouvements associatifs pour faire connaître la maladie, sa contamination et, le mode de prévention et surtout expliquer qu’il ne s’agit pas du sorcier. 

Le mercredi 03 décembre 2009, une réunion élargie au Gouvernement Provincial et aux Membres du Comité Provincial de sécurité avait été convoquée par Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province, les recommandations de la Ville ont été confirmées au cours de cette réunion et un communiqué final signé par Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province a été fait. 

Le vendredi 05 décembre 2009, à Kinshasa, le Conseil de Ministres s’est penché sur le problème et a confirmé les mesures préventives déjà prises. Il a, en outre, chargé le Ministre national de la Santé de suivre ce dossier et le Conseil a mis en garde les charlatans qui retiennent des enfants malades dans les lieux de prière pour les incantations miracles au lieu de les conduire le plus tôt possible à l’hôpital, car la méningite est une maladie curable. 

Au jour d’aujourd’hui le bilan est le suivant : 7 morts suivant les sources médicales, 4 morts suivant les sources de services. Ce qui donne un total partiel de 11 morts. 

Une délégation du Ministère national de la Santé est attendue à Kisangani pour une éventuelle déclaration de l’épidémie et pour la mobilisation des partenaires pour une vaccination de la population vulnérable.

La promiscuité dans cette école facilite la propagation de la méningite

 

 

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